Jean-François Bruchet*.
Réaliser son rêve d’entrepreneur.

Crise de carrière, opportunité de vie
Que sont-ils devenus ?

1. Pouvez-vous nous décrire la crise professionnelle que vous avez connue.

Après avoir été expatrié au Brésil pour un grand groupe bancaire français, j’avais accepté d’en diriger la filiale polonaise, mais à titre d’essai et sous conditions. En effet, cette filiale était située à 7 heures de trajet de Paris, dans une ville excentrée, sans école française et où ma famille ne pouvait pas me suivre. Mon employeur et moi étions verbalement convenus que je reviendrais en France dans un poste équivalent si la situation s’avérait ingérable pour moi. Je suis resté deux ans et demi en Pologne. Ca a été passionnant et intense. J’ai largement développé la filiale mais l’éloignement familial est devenu vraiment impossible car entre temps mon frère et ma belle-sœur sont décédés, et ma femme et moi avons décidé de nous occuper de leurs enfants. J’ai donc choisi de rentrer. Au même moment, mon employeur fusionnait avec un autre groupe bancaire et insistait pour que je reste à mon poste en Pologne. Ce que j’ai refusé. D’où la crise.

2. En quoi le Career Crisis Management vous a-t-il permis de transformer la crise en une opportunité de vie ?

De deux manières.
D’une part, le consultant de CCM m’a fait prendre conscience que je n’avais pas intérêt à rester chez mon employeur dans un poste d’attente. Le quitter n’était pourtant pas évident : j’y avais fait un beau parcours avec des expériences très complémentaires, j’avais un profil recherché et appartenais à une génération appelée à prendre la relève. Mais j’aurais certainement dû patienter longtemps dans un poste intermédiaire avant d’avoir une réelle opportunité de carrière, ce qui ne correspondait pas à mon tempérament et présentait le risque, si rien ne se passait, de repousser la crise dans des conditions, cette fois, moins favorables.
D’autre part, le consultant m’a aidé à bien négocier ma transaction financière et m’a permis de me sécuriser matériellement pour essayer d’autres voies.

3. Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

J’ai réalisé un rêve que j’ai toujours eu mais dont je pensais qu’il ne serait jamais qu’un rêve : j’ai créé ma société. Et dans un domaine qui, à titre personnel, m’intéresse depuis toujours : la robotique.
En 2005 j’ai créé une société qui fait de la recherche, conçoit et développe des robots humanoïdes. Nous avons obtenu des fonds importants, dont un financement de l’Anvar. Nous sommes aujourd’hui une équipe de 17 personnes et avons développé un prototype que nous pourrons exposer dès l‘automne prochain. En 2008 nous le commercialiserons auprès du grand public.

 

* Nous certifions l’authenticité de cet entretien. Pour des raisons de confidentialité nous avons toutefois changé le nom de la personne.